lundi 17 août 2009

Lettre à Myriam

Chère Myriam,

J’ai voulu t’écrire un mot puisque je ne te verrai pas avant une autre année. Ce soir, je suis arrivée chez moi, je me suis versée un verre de vin (du Pinot grigio – un jour, je t’en ferai goûter) et j’ai ouvert un courriel que ta maman m’a envoyé. C’est là que j’ai aperçu ta jolie petite binette pour la première fois.

Mon Dieu que tu es belle! Tu es si mignonne, endormie et emmitouflée dans ton pyjama. Je trouve que ton nom te va à merveille – si on en recherche l’étymologie, on apprend que Myriam est le nom d’une enjôleuse, attendrissante avec des yeux de biche, pour qui l’amour sera la grande affaire de sa vie. Il paraît que tu seras charmante, attrayante et éminemment féminine. Ce que tu rechercheras par-dessus tout, ce sera d’être appréciée, aimée et protégée. Va. Tu es bien partie pour y arriver!

Le fait que tu sois parmis nous est en soit une énorme preuve d’amour! Il n’y a pas si longtemps, tu n’étais qu’un principe sur lequel on avait mis une croix. Trop dangereux, trop demandant, trop inquiétant. Puis, le temps, prenant son temps, a fait son chemin. L’amour de ta maman, pour ton papa, pour ton frère, pour toi, aussi, petite graine d’idée que tu étais, a pris le dessus. Et, te voilà! Elle ne pense pas souvent à elle en premier, ta maman, mais c’est une de ses qualités...

Je connais ta maman depuis des années. Elle est beaucoup plus sérieuse, maintenant (eh oui, c’est une maman, que veux-tu? Tu sais qu’elle m’a chicané il n’y a pas longtemps parce que j’ai essayé de faire faire des mauvais coups à ton frère? Il a fallu que je m’y prenne en cachette! Moi, je ne suis pas encore maman! Et maintenant, ton frère lance des balles, parle aux extra-terrestres et a peur de se faire pincer les pieds par des écrevisses lorsqu’il va à la piscine!) Un jour, malgré ta maman, je t’en conterai des histoires, à toi aussi... promis!

Quand tu seras un peu plus grande, je pourrai te raconter plein de choses à son sujet. Elle n’a pas toujours été sage même si elle veut t’en montrer l’image! Oh non! Ta maman, c’est une personne pleine d’entrain, créative, rebelle et fonceuse. Elle s’est assagie, c’est certain, mais je l’entend encore me convaincre de refuser de porter l’uniforme réservé au filles lors d’un spectacle musical au secondaire. Nous n’étions que deux filles en pantalons, ce jour-là. Notre prof, s’il l’avait pu, nous aurait mises dehors en deux mouvements.

Ta maman, c’est une non-conventionelle! Elle grille des guimauves au-dessus d’une chandelle lorsque la pluie lui refuse un feu de camp, elle peut chanter du Passe-Partout pendant des heures pour passer le temps, et elle cuisine des petits plats tellement tentants.

Il n’y aura jamais d’araignées dans ta maison, Myriam... Ta mère a pour elles un radar supersonique. Tu n’as rien à craindre. Et puis, tu ne t’ennuieras jamais puisqu’elle est si créative. Elle te fera sûrement des livres dans lesquels tu te retrouveras héroïne, te composera certainement de jolies chansonnettes, et te feras sans doute fabriquer toutes sortes de babioles à partir de tout et de rien.

Amuse-toi, Myriam! Tu seras choyée et bien élevée, cela ne fait aucun doute! Sûrement trop, même, et nous devrons te corrompre en cachette. Au fait, je ne me tracasse pas tant que ça – j’allais oublier ta grand-mère!

Tu es bien entourée, petite fille. Soit la bienvenue au monde. Je lève mon verre à ta santé!




Mélanie




N.B. (Je dois en profiter pour m’excuser. J’ai dit à ta mère, il n’y a pas si longtemps, que Myriam était un nom, non pas banal mais, qui, enfin...ne me plaisait pas tant que ça. J’en ai maintenant une toute autre opinion. Je trouve qu’il te sied comme un gant).

Myriam, qui a à peine quelques jours

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